cendres

 

Le drame de ce siècle impersonnel est qu´il produit en masse et de manière indifférente quantité de formes orphelines, d´imprégnations dérivées de ce productivisme aveugle et effréné et que — insensibles à la dimension invisible de la gratuité procédant à toute œuvre créatrice—, des familles tournées sur elles-mêmes, sécurisent par leur biais, l’édifice qui les clouera —du berceau au linceul.

 

 

constellations

 

 

 

L’évidence tient en un trait. L’éclat d’un rire sur fond d’éternité.
Une bouffée d’air frais qui n’a de cesse —que d’inconnu.

 

 

parade

Enfant, nous endurons la charge du contrat tacite que chaque adulte consentant à l’ordonnance de ce monde paye de son âme. Épelé sur toutes les lèvres, enseveli sous chaque mot, un même mensonge se dispute la vérité: forcer la nature implicite du don au profit d’une langue dont chacun s’évertue tant bien que mal à satisfaire le rythme quitte à en dénaturer le ressenti premier.

Ne jamais avoir à rendre grâce. Surjouer. Surtout ne pas relever l’évidence. Parader. Sertir de promesses un avenir supposément meilleur, certains que nos ambitions désamorceront l’inéluctable.

Réussir sa vie: combler.

alliance

 

 

   Une éclaircie vibrante immobilisant toute discussion. Un point d’or et d’émerveillement au creux d’une rue déserte. Le tâtonnement souverain d’un aveugle qui écoute. Le feu qui crépite, la lumière qui infuse.  Ce qui se passe de mots. Ce dont je suis témoin. Ce que j’oublie mais qui ne s’oublie pas.

   Où que tu sois se joue une alliance éternelle, bien plus intime que le visage que j’épelle, transi de son nom.

 

 

cela

 

 

Il n’y a pas de signes de symboles, de vérités acquises.
Chaque sourire émergeant est une éternité — en soi.

 

 

 

perspectives

 

 

 

 

« Si tu ne brises pas tes liens durant la vie,

quel espoir de délivrance auras-tu dans la mort. » Kabir

 


 

Si tu ne communies pas d’éternel avec tes proches,

quel espoir de délivrance auras-tu en la vie.

 

 

 

aurores

 

 

C’est ici que règne la tranquillité. Ici que nous ouvrons nos mains. Patience. Libre cours au silence. Que ton cœur désarmé révèle. Douceur. Mon ciel entendu à jamais. Donne. Marque nos vies de ton bien le plus précieux. « Que cet enfant dorme au plus clair du secret. » Car de son sourire on y lit l’aurore. Et de l’aurore —tout visage transparaît.

 

 

 

une

      

 

 

Comment considérer les traits de l’aimé 
Si ce n’est au seuil de l’incommensurable.
Qui aimer ?
Si ce n’est la vie,
U N E —
Indissociable de son propre mystère.

 

   

 

 

 

esquisses

 

 

 

 

 

Virevolte au-devant de tout insigne, oiseau.

L’homme ici craint l’abandon.
Dépareillé des plus nobles étals, il navigue à vue.

Sublime les contours qu’il ponctue d’un visage
—Sature l’air du vertige de ton chant. 

 

Virevolte au-devant de tout insigne, oiseau.

Élance ta voix aux confins renoués.

L’harmonie enfante l’œuvre.
Mourir tout comme chanter  —  Chanter tout comme mourir.

 

La transparence du répit qu’orne seule fortune,

 

La grâce.